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"THE FIRST TELEVISED EXTREME SKI COMPETITION"

Mis à jour : 12 sept. 2019

La fin des années 80 marquait un changement radical dans le monde du ski. Des innovateurs comme Tom Simms et Jake Burton s'emparaient du monde des sports d'hiver avec de nouvelles planches à neige et le ski semblait sur le point de disparaître.


Karen Davey Stewart - founder of the World Extreme Skiing Championships in Alaska

De nombreux skieurs ont regardé ce changement depuis la ligne de touche, mais Karen Davey Stewart n'avait aucune envie de rester les bras croisés alors que le snowboard occupait le devant de la scène. Elle a donc décidé d'amener le ski jusqu'à ce qui allait devenir sa Mecque : l'Alaska.


En 1989, la première sortie en héliski a eu lieu à Valdez, la nouvelle s'est ensuite rapidement répandue dans le monde émergent des sports "extrêmes". Tout d'un coup, des sommets inaccessibles n'étaient plus qu'à un vol en hélicoptère. En Alaska, le ski venait de trouver sa nouvelle frontière : les grandes montagnes de la chaîne des Chugach. L'année suivante, il y a eu un événement très restreint dans ces mêmes montagnes, entièrement bénévole, mettant en vedette les meilleurs skieurs du coin, qui se laissaient appeler freerideurs.


"Valdez est le point zéro : c'est là que l'héliski a commencé."

C'est aussi là que le gazoduc Alyeska relie l'industrie pétrolière de l'Alaska au reste du monde pour des milliards de dollars. Le 24 mars 1989, un pétrolier frappait un récif du détroit du Prince William et déversait des millions de litres de pétrole brut dans l'océan. Cette crise environnementale a donné lieu à des investissements pour revitaliser la collectivité, ces derniers ont largement contribué à soutenir le premier "World Extreme Skiing Championship" (WESC) en 1991 . C'est cet événement a donné le coup d'envoi à toute l'industrie de l'héliski en Alaska.*



Karen Stewart, devenue présidente du WESC et son mari John McCune ont réuni quelques-uns des meilleurs skieurs du monde pour participer à la première édition. Des compétiteurs comme Doug Coombs, Dean Cummings et Jon Hunt ont été les pionniers du ski freeride dans les montagnes Chugach. Sans leurs efforts, le ski ne serait pas le même aujourd'hui. Qu'il s'agisse du Freeride World Tour ou des X-Games, Karen Stewart a contribué à l'essor du ski dans un sens à la fois compétitif et philosophique.


"Les X Games sont nés de tout ça"

Déclarait Dean Cummings, champion du WESC 1995, à l'Alaska Dispatch News: " Il y avait une poignée de gens qui voulaient souligner ce qu'ils pensaient être le meilleur ski au monde ou ce qui pourrait être le meilleur ski au monde" et Karen Davey Stewart était l'une de ces personnes." Tenus sur des sommets majestueux et

difficiles d'accès dans le col Thompson, où la neige est abondante, mais où il n'y a ni stations de ski, ni télésièges, les championnats ont contribué à faire des montagnes près de Valdez un lieu très médiatisé. Que ce soit dans les magazines de montagnes ou dans les films comme ceux réalisés par Warren Miller Entertainment, tous les amateurs de freeride en entendaient parler. Sans parlé du fait que le WESC a été le premier événement télévisé du genre, engendrant une visibilité énorme, tant pour les athlètes que pour la ville.


"Quand les championnats du monde de freeride ont eu lieu, toutes les compagnies ont sauté derrière des athlètes comme moi. Au lieu des frères Mahre et d'Alberto Tomba, tout d'un coup il y avait tous ces nouveaux skieurs auxquels les guerriers du week-end & les skieurs

de poudreuse pouvaient s'identifier. Toutes les marques ont commencé à dessiner pour le freeride, à fabriquer des vêtements pour le ski de haute montagne et le nombre de skis vendus a commencé à exploser." déclarait Cummings*.


Retour à la réalité

Les conditions météorologiques changeantes qui sévissent dans la vaste région du détroit du Prince William en Alaska ont jeté une ou deux clés à molette dans les plans bien conçus de Dean Cummings, président du WESC durant l'édition de 2000. Les Chugach Mountain ont été ensevelies sous les avalanches les plus importantes que la compétition ait connu.*



Mais le WESC était soumis à une pression encore plus lourdes. Une semaine plus tôt, son ancien sponsor, Red Bull et son ancien organisme de sanction, l'International Freeskiers Association (IFSA), avaient organisé un championnat rival - le Red Bull Alaska Snowthrill - à 100 milles à l'ouest, à Alyeska resort. Chris Davenport, skieur et alpiniste mondialement reconnu, était monté sur la première marche du podium et une foule d'autres athlètes avaient aussi décidé de prendre par à cette compétition pour ajouter des points à leurs classement IFSA.


Après neuf ans en tant qu'événement phare dans le monde des sports extrêmes, le WESC a soudainement été mis de côté, abandonnés par des sportifs qui préféraient les commodités luxueuses d'Alyeska aux incertitudes chroniques des vols en hélicoptère dans les montagnes les plus houleuses du monde.



C'est lors du dernier jour de l'édition 2000, alors que le Valdez Sock était suspendu en silence dans les Chugach, que le temps s'est éclairci. Les athlètes ont fini par se mettre à skier et c'est Spencer Wheatley, originaire de l'Utah, qui remportera la dernière édition du WESC.


11 ans plus tard, pour fêter les 20 ans du premier championnat, une nouvelle édition a été organisée. "Valdez est l'endroit le plus enneigé de la planète et la chaîne de Chugach s'étend sur 1,6 million d'acres, ce qui est plus grand que tous les domaines skiables d'Amérique du Nord et du Sud réunis, donc c'est vraiment incroyable " a déclaré Sullivan, un des organisateurs. "Il y a beaucoup de grandes compétitions avec beaucoup de grands athlètes, mais je veux les défier dans les conditions ultimes - avec les meilleures montagnes, avec la poudreuse la plus profonde - et voir ce dont ils sont capables."* Malheureusement, l'idée a été rapidement abandonnée par manque d'intérêt de la part des athlètes et des spectateurs.


Aujourd'hui, les Chugach Mountains restent inhabitées et personne ne s'est encore risqué à ouvrir une station de ski. J'ai pu rencontrer Ryan McCune le fils de Karen Stewart et John McCune, se faisant maintenant appeler Rydor. Il a tenté de lancer un projet, mais rien n'a bougé, la ville ne voudrait toujours pas investir. Avec de telles conditions d'enneigement, ce genre de paysages et de si belles descentes peut-être que les investisseurs privés ramèneront prochainement le bout de leur nez.



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