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L E C L U B 4 9

J’arrivais d’Hawaii ou j’avais passé les deux mois précédents, une main tendue m’avait conduit dans le 49 ème états des États-Unis : L’Alaska. 


18 jours, c’est le temps qu’il me restait pour explorer ce - très - vaste territoire avant la fin de mon visa. Je ne connaissais de cette partie du globe que ce que j’avais vu dans "Mountain Mens », l'emission qui occupait mes après-midi pluvieuses lorsque j’étais plus jeune. Née dans les Alpes, j’ai toujours été fascinée par les montagnes, les territoires reculés & la sensation que procure le froid lorsque tu quittes le coin du feu pour mettre ton nez dehors. 



Le calendrier pointait le 11 Mai lorsque j’ai atterri : journées longues, climat moins rude, fonte des neiges, fin de l’hibernation des grands mammifères, arrivée des saumons et du soleil. Enjoy. J’ai passé les premiers jours entre Anchorage & Girwood pour m’équiper et m’acclimater. Même si à cette période de l’année le temps est doux, c’était armée de mon maillot de bain et de ma paire de flipflop que j’avais atterri - le choc thermique a été rude. 




Pour la petite histoire, l’Alaska appartenait à la Russie jusqu’en 1867 où elle a été rachetée contre la modique somme de 7,2 millions de dollars par les Etats-Unis. Il faudra attendre 1959 pour que le territoire devienne un état et encore 10 ans pour que la région se développe grâce à la découverte du pétrole. Aujourd’hui, l’Alaska recense moins de 750 000 habitants, dont plus de la moitié à Anchorage, sur un territoire deux fois plus grand que la France. J'étais, enfin, presque seule.



Le temps sur place m’était compté, je devais me focaliser sur une région, le choix a été vite fait : Valdez, les Chugach Mountains qui ont accueilli le WESC (World Extreme Skiing Championship) entre 1991 et 2000. Fief de tous les meilleurs freeriders de la planète. Faute de moyens, l’évènement s’est arrêté et Valdez est passé de "famed big-mountain contest » à « la ville où arrive le pipeline ». Mais après tout, les montagnes étaient toujours là et ça valait le coup d'aller jeter un oeil.



J’ai récupéré un vieux truck V8, comme s’ils n’avaient que ça dans le pays et j’ai entamé mes 6 heures de trajet sur l’une des 3 seules routes d’Alaska. Au coeur de la vallée longeant les chaines de montagnes, les yeux écarquillés et la bouche grande ouverte : c’était le début de l’aventure. Il n’y avait qu’un mot : fascinant. 



J’avais la chance d’être attendue par des locaux sur place, la promesse d’un séjour poignant. J’ai rencontré Doug, alias Dog, un vieux de la vielle born and rise in Alaska, ingénieur au Pipeline, pêcheur et pilote pendant son temps libre. Un mec peu bavard baladant son vieux golden retriever partout et qui s’est bien caché de me dire qu’il avait joué dans « Goods Gold ». Et John, né en Colombie arrivé en Alaska vers 20 ans, qui faisait parti de la troupe pendant les folles années Freeride de Valdez. Skieur émérite, aujourd'hui âgé de plus de 60 ans, il continu de descendre les plus beaux couloirs de la planète.



C'est accompagné de leur gang que j'ai découvert les eaux de Prince William en partant pécher des nuits entières sur un vieux chalutier. Le paysage peut rappeler les Lofoten, en Norvège : les montagnes se jettent dans le littoral rempli de petites iles désertes, de fjords et de glaciers. La baie sert aussi d'autoroute pour les cargos venant récupérer l'or noir à l'arrivée du pipeline avant d'aller l'acheminer vers les raffineries. Plus que pour la pêche, j'étais surtout là pour les orques, les phoques et les baleines, qui reprenaient leur place petit à petit après être allées mettre bas dans les environs d'Hawaii.


Ils m'ont aussi emmené dans les fameuses Chugach Mountains, encore toutes blanches à cette période de l'année. Comme les stations de ski ne se sont pas encore implantées dans la région, c'est en motoneige que l'on atteint les sommets, avant de repartir dans l'autre sens, spatules aux pieds. De la neige fraiche, des couloirs à n'en plus finir et des journées de ski qui durent de 6 AM à 10 PM dans des descentes sans une trace. Ça ne vaut pas les Alpes, mais quel pied !



C'est avec des souvenirs plein la tête que je décolle pour le Mexique. Ainsi se termine ma première aventure américaine sans avoir mis un pied sur le mainland.  

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